A huit heure ce matin, l'ivresse de mon corps endormi m'a soufflé ces mots et je les traine à toutes les heures de cette longue journée.
C'est étrange, ce n'est que moi. Je suis trop oui. Beaucoup trop. Pas assez. Ca revient au même, idiot. Je pourrais même être beaucoup trop belle, je ne serais toujours pas assez moche. Etre trop, ça ne veut rien dire.
Et c'est vrai, c'est vrai, je suis perchée. Sur une musique ce soir, un regard demain, un corps, un mur. Je m'improvise funambule des mélancolies passagères, des rêves illusionnés. Et tous mes sourires sont en équilibre. C'est vrai, c'est vrai. Une vague tiraillée. Le chaos d'un orage qui change d'humeur, ambiances lunatiques. Stop.
Hier soir je rentrais il était très tard, deux heures du matin mais la nuit très noire. Seule dans mes rues avec mes talons claquant les trottoirs dans un bruit monstre. J'aurai pu tout réveiller, tout encolérer. Mais j'aime la nuit, imprudente. J'aime ne pas avoir peur, tremblante. (...)

