C'était magnifique, sérieusement, mon âme se perd dans ces lumières de bal musette au son des rires qui s'extirpent du brouhaha d'arrière plan, ce brouhaha accoudé à celui de l'orchestre qui dit de belles choses, ou qui dit des choses, des choses qui me touchent ou qui font danser les gens. J'aime ça, ma mélancolie adule, cette beauté que j'aimerais être, ce condensé de vie, ce compressé d'émotions et d'ivresses, putain. Je voudrais danser et tourner tourner, faire voler ma robe et mes cheveux, mais j'ai un jean des talons un carré collé à ma nuque, c'est pour ça que j'ouvre grand mes yeux. Je veux tout avaler. Ce jupon qui décolle la bas et ce couple qui a cent ans et qui rie comme quand, on en n'a pas 20, et ce verre de vin justement, ce mélange de genres incensé et censément vivifiant. J'aurais fait s'envoler mon jean avec mes talons niquant les pavés si tu étais venu voir à quel point j'aurai pu être belle ce soir. J'aurai été encore plus belle si tu étais venu voir. Ce sourire tu ne l'inventes pas, c'est lui qui éclaire tout, la pièce noire qui bouffe toutes les autres quand tu n'es pas là. (...)

