Le mois de Décembre file trop vite, et Paris est si grand. Noël s'éparpille. Il y a ces émotions, toujours plus ou moins les même, qui reviennent sous des visages différents. Pauvre déguisement. Et j'essai d'apprivoiser cette ritournelle, en avancant, tout en espérant ne jamais y parvenir vraiment. Si c'était ça, se sentir vivant. La vie me bouleverse, elle me prend au ventre souvent. Et quand ma gorge se serre, autour d'une boule de larmes agglutinées inopinément, je ressens. Et alors je sens que j'y suis, que je tiens quelque chose, ce qui compte. Paris est si grand que Noël s'éparpille, et mon corps s'y ballade mais mon âme ne voit pas tout le temps. La grandeur de ma ville construit a nos âmes des routines, des oeillères à nos yeux. Des images qui se succèdent, comme un décor sans âme justement, qui nous devient indifférent. J'entretiens une relation phatique avec ma ville. Un langage de convention. Je voudrais dire non. Mais Paris est si grand et si les Parisiens pouvaient tout voir, peut être qu'on n'aurait plus Paris. Il faudrait toute une vie de secondes pleines pour être à la hauteur. Pour voir, ne pas plisser les yeux. Ne pas baisser la tête sous le poids du passé qu'elle suppose, et j'ai mal. Dans les escaliers du métro j'ai mal aux rêves de Paris. J'ai mal au talent fou de l'accordéoniste qui essai de se fondre tous les matins de la semaine, au milieu des affiches salement commerciales des murs du tunnel de la station Duroc qui pue la pisse, odeur par excellence des humains misérables. Je n'ai pas dit de la misère. Et parfois je lance un sourire mais ne m'arrête jamais, et tous les matins je pue la pisse devant le talent fou de l'accordéonniste.
ps: je ne sais plus écrire ce que je veux.